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Considérer les réseaux comme des espaces de dialogue et non comme des outils de promotion (Eclectic Experience)

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Beaucoup de collectivités, d’associations, de collectifs citoyens, sont désormais présents sur les réseaux sociaux. Mais la quasi-totalité d’entre eux les pensent comme des outils de communication, d’adhésion, de mobilisation. Leur stratégie vise à constituer une « communauté » relativement homogène, qui manifeste un intérêt commun pour leur ville, pour l’objet de l’association, pour une cause citoyenne, etc., à la faire grossir, à consolider ses bases, à étendre son influence. Poursuivre cet objectif communautaire s’inscrit en faux contre les principes démocratiques de dialogue, de confrontation des idées, qui devraient être au fondement de la décision publique et présider la recherche de l’intérêt général. Cela est également contraire au principe d’inclusion de tous les publics, dans leur diversité, au sein d’une même arène démocratique, puisque par principe ces stratégies tendent à créer des groupements affinitaires.

Aussi il nous semble essentiel que les institutions de notre démocratie, ses administrations, ses collectivités, ses mouvements citoyens, etc., s’invitent dans les réseaux sociaux, en adoptant une posture qui ne soit pas celle de la communication publique et politique habituelle (qui cherche trop souvent à séduire), mais celle d’une réelle ouverture au dialogue et la participation, au service de la décision publique (en cherchant à faire parler et à construire ensemble).

Cela est possible, nous l’expérimentons au quotidien. Cela nécessite de définir un cadre propice au dialogue, de préciser les questions posées, les règles du jeu, la manière dont la parole sera prise en compte dans la prise de décision – autant de conditions à réunir pour construire la confiance dans l’intérêt du dispositif participatif. Cela nécessite également des moyens humains : des ressources dédiées pour assurer la modération sur les réseaux (éviter les insultes, la provocation, le « bashing »), pour alimenter le dialogue (encourager la discussion, apporter des éléments d’analyse), pour synthétiser in fine les propos recueillis, de manière la plus neutre et impartiale possible. Cela exige de rendre des comptes : « nous vous avons entendu, voici ce que nous tirons comme enseignements, voici la décision que nous avons prise in fine ».

La défiance qui tend à se généraliser vis-à-vis de nos institutions démocratiques rend urgent ce changement de posture et de paradigme. Il faut aller bien au-delà des stratégies éditoriales qui tentent de « se rapprocher de » ou de « réconcilier » les citoyens avec les institutions, en faisant preuve de pédagogie, en racontant la vie de l’institution, en organisant des temps d’échanges en direct avec les élus, etc. Il faut « renouer » avec le temps du dialogue, du débat, de l’action collective, entre citoyens.

Eclectic Experience

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