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Fusionner la CADA, la CNIL , HADOPI et le CSA au sein d’une seule autorité (Décider ensemble)

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Les réseaux sociaux facteurs de participation ? La participation peut être définie comme l’ensemble des démarches, outils et dispositifs visant à favoriser l’implication des citoyens dans l’élaboration des politiques publiques.  Il est souvent considéré que les réseaux sociaux sont des outils d’aide à l’expression et à la mobilisation des citoyens. La désintermédiation des relations entre collectivités, entreprises et citoyens favoriserait une prise de parole plus instantanée et libre. Leur rayonnement, dans une société marquée par l’avènement d’une génération plus connectée et plus formée, renforce deux dimensions de la vie démocratique : l’interpellation et la contribution. Par ce biais, ils participent à l’émergence d’une société plus horizontale ayant la volonté d’être plus inclusive. L’une des critiques énoncées à l’encontre de la démocratie représentative réside dans le fait que celle-ci mobilise les citoyens de façon intermittente et cyclique, à travers l’exercice du vote. La démocratie participative, en permettant aux citoyens de participer à l’élaboration de la décision publique en dehors de cette période électorale, pallie cette discontinuité et instaure une forme de continuum démocratique. Dans cette perspective, quels rôles jouent les réseaux sociaux dans cette implication citoyenne ? Renforcent-ils la participation ? Sont-ils des facteurs d’implication et d’engagement citoyen ?

1. Les réseaux sociaux et la participation citoyenne : potentialités des usages pour promouvoir la participation

Catégorisation des usages

Les réseaux sociaux ont de multiples fonctions qui permettent aux citoyens de disposer d’une palette d’actions et de réactions. Les usages des réseaux sociaux dans le champ de la participation citoyenne peuvent être catégorisés de la façon suivante : – Informer – Mettre en relation – Interagir et échanger – Mettre en lumière les tendances de l’opinion publique – Émettre des alertes – Interpeler.

Avantages du recours aux réseaux sociaux

Le recours aux réseaux sociaux, dans le champ de la participation, peut s’expliquer par de multiples avantages :

– Moindre formalisation du langage que dans des dispositifs présentiels;

– Non imposition d’un lieu et d’une temporalité contraints ;

– Instantanéité des réactions qui favorisent une participation spontanée ;

– Faiblesse de l’engagement requis : un simple like peut déjà être considéré comme une forme d’engagement/de soutien.

Ces différents atouts permettent d’abaisser le seuil d’entrée dans un dispositif de participation et d’engendrer un renouvellement des publics participant. Les réseaux sociaux ont comme autre bénéfice de favoriser l’émergence des formes de communication alternatives. Le recours au numérique, à l’humour, à des infographies animées, etc. sont autant de formats censés assurer au thème relayé une visibilité accrue. Deux exemples, dans des styles différents, peuvent étayer ce propos :

– L’enquête publique : auparavant organisée au sein des collectivités avec peu de communication, sa dématérialisation permet une participation renforcée et remodelée. Les participants ont désormais le temps de prendre connaissance des documents, de se renseigner et de revenir par la suite dessus pour émettre leurs avis.

– La vidéo Break the Internet – Nicolas Hulot a, de part son relais massif dans les réseaux sociaux, permis de sensibiliser de nouveaux publics aux enjeux du dérèglement climatique.

2. Des écueils à ne pas oublier

Si les avantages précédemment mentionnés tendent à favoriser le recours à ces outils, il ne faut toutefois pas oublier les limites qu’ils contiennent.

Des coûts d’entrée variables

L’abaissement du seuil d’entrée dans la participation, qui est souvent constaté, ne doit pas occulter que les coûts d’entrée dans le numérique ne sont pas les mêmes pour tous. A titre d’exemple, si le langage peut être plus familier dans un premier temps, on note rapidement une élévation du registre de langage lorsqu’il s’agit d’engager soi-même une action.

Un besoin de maîtrise du numérique

De même, la visibilité et le relais de sa démarche nécessite de maîtriser les réseaux sociaux au-delà de leur simple fonctionnalité de base. Quelle stratégie développer pour répondre à son objectif ?

Une opacité à clarifier

L’absence de communication sur les coulisses des réseaux sociaux (qui gère le compte) et l’usage que peuvent en faire les cabinets de lobbying questionnent l’opacité qu’il peut y avoir autour de ces outils. De même l’anonymat, qui permet certes une libération de la parole, participe de cette opacité : comment détecter les cabinets d’influence se cachant derrière certains commentaires ? Il nous faut aussi rappeler que la créativité autour des réseaux sociaux et plus généralement des civictechs, doit cependant être pondérée par le fait que les principaux (Facebook, Twitter, etc.) sont détenus par de grandes firmes. Se posent alors les questions de régulation par les Etats en matière de pluralisme, de définition de règles éthiques, etc. (quel contrôle des données, quelles modalités de référencement ou de censure, etc.).

Un dialogue temporaire

Enfin si l’instantanéité des réactions permet dans un premier temps de toucher de nouveaux publics (qui au détour d’une navigation sur leur réseau social vont signer une pétition, commenter une vidéo ou un projet) ne permet pas, par la suite, de créer un véritable dialogue pérenne et construit.

La reproduction des biais du présentiel

Il ne faut pas non plus oublier que les réseaux sociaux, et ceci est valable pour l’ensemble des outils numériques, reproduisent les biais du présentiel. Certaines catégories sociales restent, par exemple, à l’écart de ces dispositifs.

3. Propositions

– Fusionner la CADA, la CNIL , HADOPI et le CSA au sein d’une seule autorité chargée, notamment, de garantir la transparence, le pluralisme et la neutralité des acteurs du numérique (et des réseaux sociaux) ;

– Nourrir les réseaux sociaux et l’ensemble des acteurs du numérique par les données publiques mises à disposition sur Etalab (recourir à la data-visualisation) ;

– Financer de manière intensive les civictechs françaises via un programme d’investissement d’avenir ;

– Confier au CESE l’animation d’un grand réseau social français chargé de suivre l’action gouvernementale, de consulter les citoyens sur les projets/propositions de lois ainsi que les ordonnances, et gérer et suivre les pétitions d’initiative citoyenne ;

– Former les plus jeunes à l’usage raisonné des réseaux sociaux ;

– Aider et accompagner les populations les plus éloignées du numérique ;

– Créer une contribution auprès des très grandes entreprises du numérique (GAFA) pour aider au financement des propositions précédemment mentionnées.

Décider ensemble

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