Main menu

L’enseignement du numérique à l’école doit être véhiculé par des usages et non uniquement des supports (Thomas Fauré)

5.00 avg. rating (90% score) - 1 vote

Oui au numérique à l’école, mais pourquoi et comment ?

Le numérique à l’école, voilà plusieurs années que ce vaste chantier traverse les gouvernements et que les initiatives se multiplient. “Développer des méthodes d’apprentissage”, “favoriser la réussite scolaire”, “développer l’autonomie” ou encore “préparer les élèves aux emplois de demain”, autant de belles perspectives qui sonnent creux au moment d’aborder la question des usages du numérique dans nos établissements scolaires. À quoi sert-il d’initier des élèves qui maîtrisent souvent mieux l’outil numérique que leur professeur ? Que faut-il leur apprendre de réellement indispensable ? À l’aide de quels logiciels, quelles applications ? Comment protéger les données des élèves ? Quid de l’aspect collaboratif ? Autant de questions qui méritent des réponses sans tarder. En réalité, le numérique, comment ça marche ?

La formation des élèves au numérique est indispensable. Mais avant de les “jeter” dans le grand bain du digital, il est important de revenir aux fondamentaux des outils numériques. Pour cela, il est nécessaire de leur expliquer la science de l’informatique : il n’est pas question de rentrer dans le détail technique de tous les appareils, mais de répondre, dans les grandes lignes, à quelques questions de base. Comment marche un smartphone ? Comment fonctionnent les ondes WiFi, la 3G et la 4G ? Comment fonctionne Internet ? Qu’est-ce qu’une adresse IP ? Tous ces points doivent permettre aux élèves de mieux aborder les outils qu’ils découvriront dans le cadre du numérique à l’école, ou qu’ils utilisent d’ores et déjà au quotidien.

Une fois l’aspect technologique abordé, l’apprentissage numérique devrait également passer par une éducation aux règles fondamentales des réseaux sociaux. Il est important que les élèves aient conscience que l’utilisation d’un outil numérique, au sein de l’école, doit suivre les mêmes règles de conduite que celles de l’établissement dans la vie “réelle”. Pour éviter les dérives, il faut alors envisager la mise en place d’une charte, rédigée entre les élèves et le corps enseignant, afin de mettre en lumière les bonnes pratiques et bien évidemment les écueils à éviter. Et comme dans la vie “réelle”, on peut imaginer des sanctions lorsque les élèves y contreviennent, comme par exemple l’expulsion temporaire d’un groupe ou d’une page sur un réseau social. Ces derniers comprendront ainsi parfaitement que ce qui se passe en ligne est similaire à ce qui se passe au sein de l’établissement.

Ne pas créer de nouveaux besoins. Les initiatives des professeurs ne manquent pas au moment d’aborder le numérique avec les élèves : “Twictée”, exercice de dictée pour découvrir le réseau social Twitter, création d’une page Facebook dédiée à la classe ou même d’un compte Snapchat pour échanger avec d’autres établissements. Cependant, peu d’éducateurs se posent la question “Quel intérêt, pour l’élève, d’inclure le numérique dans mon programme pédagogique ?”. Les médias sociaux ne sont pas originellement faits pour être utilisés comme des outils pédagogiques. L’emploi de ces réseaux sociaux “classiques” va donc créer de nouveaux usages pédagogiques. Or, l’idée n’est pas de dupliquer certaines pratiques numériques déjà maîtrisées par les élèves dans le privé, mais bel et bien d’apporter une réelle dimension d’apprentissage. L’usage du numérique à l’école doit obligatoirement rester dans la sphère scolaire. Pour cela, il faut envisager l’échange de messages dans une sphère privée, c’est-à-dire uniquement accessibles au corps enseignant, aux élèves et éventuellement à leurs parents.

Le numérique est un outil puissant qui doit protéger l’enfant et non l’exposer. Par exemple, à l’occasion d’événements scolaires, la diffusion de photos de classe doit impérativement être maîtrisée et doit donc pouvoir s’appuyer sur des outils à la confidentialité totalement étanche. Mettre en avant l’aspect collaboratif.

Pour que ces outils numériques adoptent une dimension pédagogique, il est indispensable de mettre en avant leur potentiel collaboratif. Le partage de documents est la fonctionnalité qui vient naturellement à l’esprit au moment d’évoquer le collaboratif en ligne, mais ce n’est pas le seul usage possible : une fonction agenda, que chacun pourrait compléter qui permettrait la gestion de l’espace-temps en communauté, les élections des délégués, des sondages en ligne, les échanges avec d’autres établissements… les usages collaboratifs du numérique à l’école sont multiples. La vidéo est également un support parfaitement adapté par la génération des “digital natives” et sur lequel il est indispensable de s’appuyer. On peut imaginer des mini-présentations de projets en vidéo, où un élève présente, face caméra, son exposé. Cette méthode permet notamment d’apprendre aux élèves à s’exprimer devant un groupe et de travailler leur élocution. En postant cette vidéo, dans un cercle privé toujours, les autres élèves pourront ainsi revisionner la séquence, la commenter et s’en inspirer pour les prochains passages. Il est primordial d’insister sur cette notion de partage du savoir.

Pour optimiser l’aspect collaboratif, certains établissements testent de nouvelles configurations de salles de classe pour placer au mieux les élèves. À Poitiers, des classes équipées de tablettes et de chaises sur roulettes peuvent ainsi travailler par petits groupes de quatre puis se repositionner en “U” pour partager les solutions au problème mathématique sur lequel ils ont réfléchi, par exemple. Ici, l’aspect collaboratif est idéalement mis en pratique et cette configuration implique tous les élèves.

Le numérique est, pour l’école, une richesse, une opportunité. Pour autant, glisser une tablette dans les mains de chaque élève sans se soucier de ce qu’il va en faire par la suite n’est pas nécessairement une bonne chose. L’enseignement du numérique à l’école doit être véhiculé par des usages et non uniquement des supports, pour refléter des besoins réels, le tout dans un environnement privatif et entièrement sécurisé.

Thomas Fauré

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

FacebookTwitterRSS